Trois ans de penitencier pour un père qui a violente son poupon de 11 semaines

Lucas* a gifle son bebe de 11 semaines. Puis, trois mois plus tard, a cogné la tête du poupon sur un îlot et l’a secoué violemment. Le père, sans antécédent judiciaire, a été condamné à trois ans de pénitencier pour ces gestes de violence à l’endroit d’un bébé si fragile.
Le petit Nathan* est né le 2 octobre 2016. Dès sa naissance, sa mère a été déclarée inapte à s’en occuper en raison de graves problèmes psychologiques.

Le père, Lucas, 28 ans, assumait donc tous les soins et toutes les responsabilités, sous la supervision de la Direction de la protection de la jeunesse.

Le 22 décembre 2016, une intervenante sociale rend visite au père. Elle remarque que Nathan a de nombreuses ecchymoses au visage. Le père admet aussitôt avoir donné une claque à son enfant. Il affirme être en dépression.

Le bébé est aussitôt confié aux soins de sa grand-mère. Lucas sera arrêté deux mois plus tard et accusé de voies de fait.

À la mi-mars 2017, le père et le fils vivent chez la grand-mère, à Lévis. Lucas n’a pas le droit d’être seul avec son fils. La grand-mère sort quelques minutes pour déneiger son patio. Elle voit son fils qui donne le biberon à Nathan.

Lorsqu’elle revient dans la maison, la grand-mère est surprise de voir que le boire est déjà déterminé. Lucas explique brièvement que son fils n’avait pas soif. Plus tard dans la nuit, Nathan est inconsolable, fiévreux et pleure en se tenant la tête.

Lucas ne fait rien pour l’aider et laisse sa mère soigner le bébé.

Le lendemain, lors d’un rendez-vous médical déjà prévu, le médecin décèle des lésions qui ne peuvent être accidentelles. Le bébé est transféré au CHUL où les médecins constatent une fracture du crâne.

Lucas admet que, excédé, il a laissé tomber son bébé sur l’îlot de la cuisine. Quelques heures plus tard, alors que l’enfant pleurait de douleur dans sa couchette, le père l’a pris et secoué à quelques reprises.

Lucas a plaidé coupable en mars 2018 aux voies de fait graves et voies de fait lésions.

La défense plaidait pour une peine de trois mois de prison alors que la Couronne réclamait une peine sévère entre trois et cinq ans de pénitencier.

La juge Hélène Bouillon de la Cour du Québec a estimé qu’il fallait insister sur la dénonciation et la dissuasion face à une violence aussi grave faite sur un aussi jeune enfant. Elle a donc imposé une peine de trois ans de pénitencier.

Le père est parti vers le box de détention sans manifester d’émotion.

Le petit Nathan a été confié à une famille d’accueil jusqu’à sa majorité. Aujourd’hui âgé de deux ans et demi, il présente de légers retards de développement. Il est toutefois difficile de prévoir, disent les experts, les conséquences à long terme du traumatisme crânien.

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